8.5.06

Colloque déontologie journalistique: compte-rendu

Ce mercredi 3 mai eut lieu la Conférence sur « Les nouveaux défis de la déontologie journalistique », organisée à l’occasion des 60 ans de la filière journalisme de l’ULB.
Elle fut l’occasion d’interventions diverses d’experts issus des quatre coins du monde.

Stephen Ward, de la University of British Columbia à Vancouver, ouvrit la danse. Professeur de déontologie journalistique, il a proposé une idée intéressante du « journalisme cosmopolite », mélange entre la déontologie médiatique et une attitude cosmopolite.
Un lien intéressant à consulter: http://www.journalismethics.ca/

Ce fut ensuite au tour de Jean-Jacques Jespers, professeur de journalisme à l'ULB, de parler des dernières tendances du journalisme et de la déontologie. La thechnique de marketing rédactionnel a été évoquée, et ses méthodes expliquées (notion de proximité, émotion, utilisation du temps réel, apparition de stars, diffusion d'images et renforcement du consensus). Face aux dérives, Jean-Jacques Jespers voit deux réponses:
  • L'intervention des puissances publiques et l'observance des règles déontologiques
  • La création d'un organe déontologique (chose peu aisée s'il en est)
Serge Théophile Balima est venu de l'Université de Ouagadougou (Burkina Faso) pour nous faire un état des lieux de la situation de son pays. L'appropriation de l'éthique et de la déontologie y est apparemment assez faible. La fracture numérique est un critère déterminant. Cependant, Monsieur Balima explique qu'il y a une sorte de fascination face aux Technologies de l'Information et de la Communication (TIC). Et que cette fascination entraîne un certain oubli de la dimension éthique.

Marie-Soleil Frère, professeur à l'ULB et chercheur FNRS, a quant à elle abordé l'utilisation des TIC dans des pays africains en conflit, à savoir le Burundi, le Rwanda et la RDC. Dans ces pays, l'apparition d'internet et de la téléphonie mobile ont véritablement révolutionné le travail des journalistes. Les changements ont eu lieu dans la collecte d'information; le traitement de l'information; la diffusion de l'information; l'archivage; la protection des journalistes et la formation. Cependant, il existe des limites à ces nouvelles technologies: les manipulations, le plagiat, etc. Les questions fondamentales restent, selon Madame Frère, celles de l'accessibilité et du coût.
Des liens intéressants: http://www.jed-congo.org/ et http://www.sfcg.org/

En début d'après-midi, Jean-Paul Marthoz, conseiller éditorial du trimestriel Enjeux internationaux, a évoqué les ONG dans le monde journalistique. D'après lui, il y a un problème dans le fait qu'il y ait en général davantage de traitement de l'information que de recherche de celle-ci. Monsieur Marthoz a également insisté sur la différence entre l'information et la communication, et sur leurs rôles ditincts.
Un lien à consulter: http://www.hrw.org/

Dao Le Thang est venu du Vietnam pour aborder le sujet de la déontologie. L'évolution des nouvelles technologies est assez importante dans ce pays. Monsieur Thang l'a illustré avec les chiffres d'utilisation d'internet au sein de la population vietnamienne, chiffres en évolution constante depuis quelques années. Monsieur Thang a également évoqué le phénomène du copier-coller, apparemment très fort utilisé au sein des journaux en ligne.

Enfin, François Heinderyckx, professeur à l'ULB, a abordé les TIC et pratiques journalistiques en Europe. Il a découpé sa réflexion en trois pôles:
  • Le public: Celui-ci a l'illusion d'avoir gagné une certaine autonomie informationnelle MAIS n'a en réalité qu'une utilisation intuitive des outils.
  • Les médias (et l'industrie culturelle): leur utilisation des TIC a évolué d'un simple accès au web à l'instantanéité (avec plusieurs étapes intermédiaires telles que, entre autres, la fonction d'archivage, d'accès au sources, d'interaction avec le public, etc.)
  • Les journalistes et rédactions: ils doivent aujourd'hui faire presque tout et se sentent donc investis d'une certaine autonomie par rapport à l'information. La tendance est à la création de rédactions web distinctes.
François Heinderyckx a aussi évoqué la question des sources utilisées par les journalistes. Ceux-ci s'appuyent sur des sources structurelles (experts, agences de presse, etc.) et des sources conjoncturelles (liées à un évènement particulier). Les TIC vont rompre cet équilibre, et font que les journalistes sortent de moins en moins de la rédaction ("syndrôme Google").
Un lien à visiter: http://www.journalism.org/

Merci à tous pour cette journée forte en réflexions et regards neufs sur la question.

Emilie

Seek it with sic-IT

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1 Comments:

At 6:28 PM, Anonymous Jer'm said...

Merci pour ce compte-rendu Emilie.

Je suis bien content car même si ça ne vaut pas une présence réelle, c'est déjà pas mal. Mais je crois que ce qui me fait le plus plaisir, c'est que t'aies posté ta première note.

Y-at'il eu des photos ? Une video ? T'as parlé à des intervenants ? Les sandwich étaient bons ?

Raconte nous ;-)

 

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